Collège, lycée, lycée professionnel

Tes réformes, Jack, on n’en veut pas !
 mai 2002
mis à jour vendredi 28 janvier 2005

A SUD-Education, nous sommes favorables à l’interdisciplinarité et pensons qu ’elle doit être réellement développée en collège. Mais nous disons NON aux Itinéraires De Découvertes qui constituent, dans ce domaine, une véritable imposture et ne visent qu’à aller plus en avant dans la logique néo-libérale de destruction de l’école publique.

Non aux réductions horaires : l’introduction des IDD se traduit par la généralisation d’horaires définitivement au plancher dans toutes les matières. Elles conduisent à une baisse des recrutements d’enseignants et accroissent la charge de travail des collègues qui ne pourront ou ne voudront pas prendre en charge d’IDD. Pour SUD Education, il est nécessaire de redéfinir les contenus et les horaires d’enseignement, mais, en l’état actuel, les réductions horaires proposées sont inacceptables car elles ne constituent en rien une amélioration pour les élèves. Dans l’immédiat, les 2 heures "d’itinéraires" et l’heure libre doivent être rendues aux disciplines

Non à l’appauvrissement programmé de l’enseignement : au prétexte de lutter contre l’échec scolaire, le projet déstructure les apprentissages (groupes équivalents à une classe entière, recomposés pour 2 h durant 12 semaines, impossibilité de réinvestir en classe le travail "interdisciplinaire"). Cela est parfaitement cohérent avec le passage d’une évaluation centrée sur les savoirs (certes à refonder) à un apprentissage de compétences qui relève plus du comportement nécessaire dans une entreprise. Sans hausse des Dotations Horaires Globales, on fait le choix de ne pas aider les élèves les plus en difficulté (c’est d’ailleurs la logique de la nouvelle 3ème, qui se place dans une démarche de filiarisation).

Non à la contractualisation : Celle-ci, inscrite dans le projet, vise à faire dépendre une partie des moyens, des projets d’itinéraires, puis des enseignements choisis en 3ème. Elle organise la mise en concurrence des collèges entre eux, mais aussi entre les collègues qui rapporteront des heures, et les autres. C’est la logique du marché, prônée par la commission européenne, l’OCDE et l’OMC, qui veut supprimer toute règle nationale et transformer chaque établissement en entreprise sous contrat avec "L’Etat". Fantasme ? Cette idée du projet contractualisé est ouvertement prônée cette année par l’Inspection académique de Seine St Denis !

En lycée et en lycée professionnel, c’est la même politique qui s’applique !

En lycée, on doit revenir sur les amputations horaires de la réforme et développer un travail interdisciplinaire basé sur le volontariat qui ne soit pas en opposition avec les disciplines. Un débat national doit s’engager sur les savoirs socialement utiles et éviter l’évolution vers une technicité stérile des apprentissages qui vide de sens les enseignements.

En LP : La mise en place du projet de "lycée des métiers", c’est l’adaptation pure et simple de la formation des LP aux besoins des entreprises, avec la baisse des horaires d’enseignement général (mieux vaut pas trop de culture générale et d’apprentissage de la critique pour devenir un futur travailleur bien docile !) et la généralisation des périodes de formation en entreprise (là, on formate mieux !)

Baisse des horaires, baisse des recrutements, appauvrissement des savoirs, logique du libre contrat, c’est bien la même réforme néo-libérale de l’Ecole qui touche lycée et LP.

Nous voulons autre chose pour le service public d’Education !

Une augmentation programmée des DHG pour permettre :

- la réduction des effectifs par classe

- des dédoublements dans toutes les matières, des groupes de besoins pour aider les élèves en difficulté à acquérir les savoirs socialement utiles et les méthodes qui leurs sont liées.

Dans ce cadre, il faut des moyens pour un travail interdisciplinaire sur la base du volontariat et reposant sur le groupe classe (ce qui permet une mise en cohérence des savoirs et une réutilisation en classe). A terme, les horaires et les contenus doivent faire l’objet d’un débat national pour empêcher l’encyclopédisme de façade mais aussi l’appauvrissement et la technicité actuelle.

SUD Créteil

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