Carte scolaire 2006 : Démantèlement du service public d’éducation

lundi 13 février 2006
mis à jour jeudi 13 avril 2006

Une fois de plus, le service public d’éducation nationale est victime de la logique comptable du gouvernement : suppressions de postes dans le second degré, créations dans le premier degré qui ne répondent pas aux besoins engendrés par la hausse démographique, suppressions de postes administratifs, services d’orientation sacrifiés, baisse des recrutements aux concours...

L’académie de Lille est la plus touchée par ces restrictions budgétaires : à la rentrée 2006, 636 postes supprimés dans le second degré pour une baisse prévue de 7300 élèves soit un poste supprimé pour 11 élèves et seulement 8 postes créés dans le premier degré alors que le nombre d’élèves augmente de 1000 soit une création pour 125 élèves en plus ! Il faut ajouter à cela les 113 « super profs » pour les collèges labellisés « ambition réussite » qui sont créés grâce à des suppressions de moyens dans les autres établissements.

Alors que l’académie de Lille est connue pour ses difficultés sociales, pour son retard scolaire, ce sont 3568 emplois qui ont été supprimés depuis 1998 dans le second degré. Dans le même temps, depuis 2003 l’académie accueille 4000 élèves supplémentaires dans le premier degré, ce qui engendre... la suppression de 39 postes depuis cette même date. Les conséquences pour les élèves et les personnels en sont bien connues :
- des classes de plus en plus surchargées de la maternelle au lycée, le recul des heures en petit groupe, des options sacrifiées...
- la baisse de la scolarisation des 2-3 ans faute de personnels suffisants pour les accueillir.
- la prise en charge de plus en plus difficile des élèves en difficulté du fait du manque de personnel spécialisé.
- l’échec scolaire qui ne recule plus dans l’académie de Lille depuis le début de ces coupes sombres dans les personnels.

L’académie de Lille, certes la plus touchée, n’est qu’un reflet partiel de la situation catastrophique du service public d’éducation en France : 2083 suppressions de postes dans le second degré et seulement 694 créations dans le premier degré pour la rentrée 2006.

Les académies du nord du pays souffrent le plus de ces restrictions : dans le second degré, 273 suppressions à Nancy-Metz, 188 à Amiens, 186 à Dijon, 150 à Rouen, 146 à Orléans-Tours, 137 à Reims, etc. Pour justifier ces suppressions, le rééquilibrage vers les académies du sud du pays est souvent invoqué. Beau rééquilibrage que les 56 suppressions à Nice, les 37 à Aix-Marseille. Et que dire des 20 créations de postes à Bordeaux, des 48 à Toulouse : face à la hausse démographique que connaissent ces régions, ces postes ne permettront pas d’assurer la qualité de l’enseignement et, surtout, ces créations ne compenseront pas les suppressions de ces dernières années.

Derrière cette logique comptable se poursuit le démantèlement du service public d’éducation. La priorité du ministère est aujourd’hui de faire des économies sans aucune prise en compte des besoins réels et des réalités de terrain.

Sud éducation s’oppose fortement à ces réductions de moyens et revendique au contraire des créations de postes, des moyens appropriés à la hausse démographique dans le premier degré et la prise en compte de l’enseignement spécialisé, la titularisation de tous les précaires. Dans l’académie de Lille, la réponse syndicale a débuté par une journée de grève et une manifestation régionale le vendredi 20 janvier qui doit impulser un mouvement national de protestation car plus que jamais une autre école est possible.

Sud éducation Nord Pas-de-Calais

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