Cachan : Un logement, des papiers, une école pour tous !

mercredi 1er novembre 2006
mis à jour vendredi 5 janvier 2007

Depuis presque quatre ans, un bâtiment de la Cité Universitaire de Cachan (94) était occupé par des familles principalement africaines. Beaucoup étaient en situation régulière, travaillaient, les enfants étant scolarisés. Ce squat des « 1 000 de Cachan » constituait une convergence exemplaire des luttes pour la régularisation des Sans papiers, du droit au logement et contre les discriminations. Fortement organisés, les occupants avaient élu des délégués travaillant avec un comité de soutien. De difficiles négociations avaient commencé avec la préfecture sur le relogement.

A la demande du recteur d’académie de Créteil, le 17 août dernier, de considérables forces de police procèdent à l’évacuation en triant d’une part une cinquantaine de célibataires sans titre de séjour, placés en centre de rétention et d’autre part les familles avec enfants. Celles-ci sont conduites dans des hôtels réquisitionnés directement par le ministère de l’Intérieur. Des femmes refusent de partir, sachant que la vie en hôtel, d’ailleurs limitée à un mois, est difficile : impossibilité de cuisiner, éloignement du travail et des écoles. Ainsi, un groupe de 120 personnes occupe le trottoir devant le bâtiment. Le lendemain, la police tente une brutale intervention de dispersion. La détermination est telle qu’après négociations avec la préfecture, le maire de Cachan propose un hébergement provisoire dans un gymnase proche.

JPEG - 51.1 ko

Une forte solidarité de proximité s’est installée. Un comité de soutien très large intervient. Le Conseil Général et des communes voisines sont fortement impliqués. Plusieurs manifestations dont une nationale ont été organisées. Les conditions de vie dans et aux alentours du gymnase sont très dures : promiscuité, problèmes sanitaires, problèmes des enfants. Les occupants subissent quotidiennement un harcèlement policier : contrôle des papiers, violences, arrestations y compris devant les écoles. Un accompagnement des élèves s’est imposé.
Ainsi, depuis plus d’un mois, la situation est bloquée. Les occupants refusent les propositions d’hébergement pour les familles régularisées par solidarité avec les autres sans titre de séjour. Cette unité est une des forces de ce mouvement. Le maire de Limeil Brévannes (94) propose l’utilisation de bâtiments sur sa commune : les « 1 000 de Cachan » sont d’accord, le Préfet refuse. La justice est saisie en vain. Six personnes sont en grève de la faim depuis le début du conflit.

Par cette opération, le ministre de la chasse aux enfants et du déménagement du territoire a voulu faire un signe fort vers la frange droite-droite de son électorat potentiel. Il a échoué, cette opération ne se solde que par 11 expulsions hors des frontières et les « 1 000 de Cachan » sont toujours là. Nous ne pouvons pas accepter qu’à des fins électorales, il utilise l’appareil d’Etat pour créer désordres et illégalité accrue. Il stigmatise une partie de la population qui vit dans notre pays et dont les enfants sont dans nos classes. Nous ne pouvons pas laisser faire ça. Cet été, la mobilisation autour de la régularisation des familles avec enfants scolarisés a permis de faire reculer le gouvernement et de mettre en débat ces sujets. Les solidarités se sont considérablement élargies particulièrement localement. Le soutien national pour les « 1 000 de Cachan » est une étape dans la lutte contre les discriminations et la répression.

Suite à la désignation unilatérale de France Terre d’Asile et de la LICRA comme médiateurs, un protocole d’hébergement a été signé par les délégués des « 1 000 » bien qu’il ne propose que 158 places et manque de garanties claires quant au sort des personnes en situation irrégulière. Une différence apparaît déjà entre le nombre de personnes retenues par l’Etat et la liste répertoriée par les occupants. C’est pourquoi le comité de soutien a décidé de continuer ses actions en créant un comité de suivi et de vigilance. Le dossier est maintenant géré directement par le ministère de l’Intérieur, désavouant par là le préfet du Val de Marne. Cette avancée marque un recul du gouvernement.

Sud éducation exige, avec le collectif des « 1 000 de Cachan », la régularisation des sans papiers, la libération des personnes toujours détenues, le relogement de tous les squatteurs du bâtiment et le respect du droit à l’école dans de bonnes conditions pour les enfants. Sud éducation appelle aussi à l’aide directe, à la diffusion des informations du site www.1000decachan.info,
à la signature de la pétition en ligne www.squatcachan.ras.eu.org
et au soutien financier, notamment au moyen de collectes dans les établissements. Vos chèques, à l’ordre de la Ligue des Droits de l’Homme, sont à envoyer à :
L.D.H. 34 rue Jean Jaurès
94240 L’Haÿ les Roses.

5 octobre 2006
Sud éducation Créteil

Navigation

Mots-clés de l'article