CSEN du 5 juillet 2012

Une loi d’orientation et de programmation à la hauteur de l’urgence !
jeudi 5 juillet 2012
mis à jour vendredi 6 juillet 2012

Déclaration de la fédération SUD Education-Union Syndicale Solidaires

A SUD nous n’acceptons pas que la rentrée se fasse avec les 13 000 suppressions de postes prévues par le précédent gouvernement. Certes nous prenons acte des mesures annoncées au fil des dernières semaines : abrogation du décret sur l’évaluation des enseignants, de la LRU. Mais les créations de 1000 postes supplémentaires dans le 1er degré, de 325 postes dans le second degré et l’annonce du réemploi des contrats aidés à 657 euros nets par mois sont bien insuffisantes !

Le ministère remet la concertation au gout du jour et nous prenons acte du changement de méthode. Ce CSE est pour nous le moment de réaffirmer que des mesures d’urgence sont indispensables.

La réouverture des 2500 postes RASED supprimés l’année dernière, la mise en place de formations spécialisées pour rétablir les réseaux d’aides complets, créer des postes de Maîtres E et G, de psychologues,
 
L’augmentation des moyens de remplacement, la baisse significative des effectifs-classe par des créations de postes à la hauteur des besoins, pour cela des solutions existaient ou existent encore :

L’extension du recrutement sur listes complémentaires, l’organisation d’une session de concours supplémentaire comme en 1981...

Le réemploi et la titularisation sans conditions de concours ni discriminations de nationalité de tous les précaires,

Le retour au tiers temps face aux élèves pour les stagiaires,

Mais aussi la suppression des dispositifs liberticides : Livret personnel de compétences, systèmes de fichage centralisé des élèves et des personnels,

Et l’arrêt des atteintes aux libertés syndicales et le rétablissement dans leurs droits des militants sanctionnés.

Au-delà la nouvelle loi d’orientation devrait abroger les contre- réformes en cours et ouvrir la voie à une transformation démocratique de l’Ecole.

Parmi toutes les contre réformes à abroger, en premier lieu, il y a la loi d’orientation Fillon de 2005 sur le socle de connaissances et de compétences, ainsi que toutes ses applications ou attaques complémentaires dont on a pu mesurer les résultats catastrophiques pour la réussite des élèves et pour les statuts et l’indépendance des personnels : l’Ecole du socle et le programme rétrograde de 2008, la réforme des lycées généraux, techniques et professionnels, le dispositif ECLAIR et l’ensemble des mesures de destruction de l’Education prioritaire (carte scolaire, internats d’excellence…), mais aussi la loi OFPTLV ; il faut également restaurer un service public d’orientation dans l’Education nationale digne de ce nom.

Une nouvelle loi d’orientation devrait s’inspirer des principes suivants :

Construire une école qui amène tous les élèves à un niveau de connaissance et de réflexion leur permettant de vivre librement dans cette société

Construire une école qui s’efforce donc avant tout de combattre les inégalités scolaires qui sont en dehors du handicap, d’origine sociale. Dans cette perspective reconstruire une éducation prioritaire dotée de véritables moyens.

Construire une école de l’intégration par et dans la laïcité…ce qui nécessite la fin de la dualité public /privé.

Construire une école solidaire c’est-à-dire qui refuse la mise en concurrence, la hiérarchie des filières qui ont prévalu jusque là et offre une formation polyvalente jusqu’à 18ans.

Dans le même temps il faut enrayer la crise de recrutement des métiers de l’éducation et stopper leur précarisation, sinon aucune réforme démocratique ne sera possible. C’est pourquoi nous attendons l’abrogation de la réforme de la mastérisation et le retour à un recrutement à la licence suivi de 2 années de formation salariées comme fonctionnaire stagiaire, validées par la délivrance d’un master à la fin d’un institut spécifique de formation dans le supérieur.
Un temps de décharge de service doit rendre aux deux générations de collègues titularisés depuis 2010, la formation initiale dont les a privé la « mastérisation ».


Le volet programmation de la Loi devra fixer un cap clair sur le rythme annuel de recrutements de titulaires, la nouvelle formation des enseignants, la titularisation des précaires sans conditions de concours et de nationalité. Sans ces moyens pour reconstruire l’Ecole publique, les débats auxquels nous tenons sur les rythmes scolaires, les réformes au collège comme au lycée, l’éducation prioritaire ne seront pas crédibles pour les personnels.

Documents joints

Conseil Supérieur de l'Education Nationale du (...)
Conseil Supérieur de l'Education Nationale du (...)
Déclaration de la fédération SUD Education-Union Syndicale Solidaires