C’est en marche...

 mars 2003
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Grèce, Pays-Bas : cela pourrait évoquer des destinations de rêve, mais lors du week-end de rencontres syndicales européennes des 22 et 23 février à Paris à l’initiative de l’Union Syndicale Solidaires-G10, ces pays ont plutôt évoqué les ravages du libéralisme ...

L’objectif était de rassembler des syndicats alternatifs ou de base au niveau européen dans différents champs professionnels, publics ou privés. Plus d’une vingtaine d’entre eux étaient présents, venant de 8 pays différents et de secteurs aussi divers que l’éducation, le rail, la banque, l’aérien ou la communication. La présence massive de la délégation italienne (8 syndicats) a donné un ton plutôt méridional aux débats mais n’en a pas pour autant esquivé les sujets essentiels et la gravité des situations : citons, par exemple, en Italie la précarisation de plus de 80% du personnel dans le secteur aérien, la remise en cause incessante du droit syndical et du droit de grève ; en Grande-Bretagne, les conséquences désastreuses du libéralisme et le lien permanent entre les syndicats majoritaires et les partis politiques ; en Espagne la privatisation des secteurs de l’éducation et de la santé....

Comment travailler, avec qui, que défendre en priorité et de quels moyens ou de quelles forces disposons-nous ? Les réponses ne sont pas simples ; chaque pays, chaque secteur professionnel ou syndicat ayant une histoire et des pratiques différentes. Pour autant, ce qui nous rassemble c’est la volonté de mettre en place, sur des valeurs communes, un syndicalisme européen de base. Si, pour certains, cette réunion était la continuité d’un travail déjà engagé, pour d’autres c’était une 1ère ; d’où la nécessité de mieux se connaître et de travailler ensemble. Dans le secteur ferroviaire, les échanges engagés depuis plusieurs années, qui débouchent sur l’élaboration d’une grève européenne du rail le 18 mars, doivent donner l’exemple : tout est à faire et tout est encore possible ! Aussi, plutôt que de mettre en place des structures syndicales européennes qui nécessiteraient beaucoup d’énergie et risqueraient, pour le moment, de n’exister que sur le papier, le choix s’est orienté vers la constitution de groupes de travail sur des champs professionnels - le transport, l’éducation, la santé, la chimie, l’automobile, la télécommunication, le secteur bancaire -, ou sur des champs plus transversaux : précarité et emploi, droits syndicaux et droit de grève, service public, retraites.

En ce qui concerne la tenue du G8 à Evian, s’il paraît difficile d’organiser un contre-sommet d’envergure, il est néanmoins prévu une manifestation dimanche 1er juin dans cette ville et dans toutes les capitales européennes. Pour le prochain forum social qui aura lieu à Paris et Saint-Denis en novembre, la participation de tous n’est pas encore établie. Si, pour certains, c’est une tribune libre d’expression et un moyen de se réunir et de se faire connaître, pour d’autres, le rapprochement avec des syndicats affiliés à la Confédération Européenne des Syndicats et la présence plus ou moins directe de partis politiques ne sont pas nécessairement compatibles avec la prétention à incarner une alternative indépendante au libéralisme économique. De plus, le risque existe de voir se transformer en simples rituels ces rendez-vous désormais "incontournables". En revanche, tout le monde s’accorde sur un appel clair contre la guerre, et pas seulement en Irak (reproduit ci-dessus).

C’est ainsi que se sont achevés ces 2 jours. Rendez-vous est donné fin 2003-début 2004 sous le soleil de Barcelone...

Commission internationale de SUD-Education