Après 7 mois de grève, le ministère répond enfin

Sans papiers
samedi 5 juin 2010

Il aura fallu que 6263 travailleurs entrent en grève pour que le ministère du travail comprenne qu’il n’y couperait pas. C’est bien par la revendication de l’égalité des droits entre tous les travailleurs de France que les sans papiers gagneront leur régularisation, quels que soient leur pays d’origine, leur sexe ou leur situation familiale.

Woerth, qui a succédé à Darcos, a bien dû sortir le nez de son dossier retraite et envoyer un émissaire pour faire savoir au mouvement que les discussions allaient s’ouvrir, et avec plusieurs ministères.

À l’heure où ces lignes sont rédigées, il ne manque que la date et l’heure d’un rendez-vous imminent.

Dans ce contexte, la poursuite de la grève est indispensable pour maintenir un rapport de force nécessaire à l’adoption des critères les plus favorables à l’ensemble des travailleurs sans papiers. « L’approche commune », qui propose la régularisation à partir d’un an de travail déclaré quelle que soit la nationalité (cf. Sud éducation no 37), est devenue base de discussion incontournable depuis qu’elle a reçu le soutien d’une partie importante du patronat, pressé de régulariser sa main d’œuvre.

C’est le cas de SYNHORCAT (hôtellerie restauration), CAPEB (bâtiment), PRISM (Intérim), FEPEN et FESP (services à la personne), la Fédération de l’habillement, le MEDEF 77, 91 et 93, et des entreprises comme Derichebourg, Léon de Bruxelles, Véolia, etc. En ce qui concerne les travailleurs au noir, sans fiches de paie, le morcellement des résolutions, par secteur, risque d’être un réel danger. Si le secteur de l’aide à la personne, majoritairement composé de femmes, a déjà fait l’objet de rencontres très positives entre les représentantes des grévistes, Femmes Égalité, Droits Devant et Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’emploi accompagné du président de l’Agence Nationale du service à la personne, qu’en sera-t-il pour les autres milliers de travailleurs occupant des emplois dispersés ou peu représentatifs ?

Le soutien, facteur décisif

Le poids de la grève, des mobilisations, le soutien des politiques et surtout de la population seront décisifs. Les comités de soutien multiplient les initiatives communes, tournantes, à la fois pour médiatiser le conflit, faire pression sur les patrons récalcitrants qui ne veulent pas établir à leurs salariés le contrat de travail sur imprimé Cerfa, (sans lequel aucune régularisation par le travail n’est possible), mais aussi pour apporter aux grévistes une solidarité plus large, une aide morale et financière accrue. Chacun peut encore prendre part au soutien des différents piquets et/ou envoyer des dons à la caisse de grève.

Nul doute qu’à l’issue de ce mouvement, la situation des 400 000 sans papiers ne sera pas résolue. Mais on recommencera, de la même façon ou autrement, on inventera, et on se battra, encore et toujours, pour la liberté de circulation et d’installation.

Commission fédérale
Immigration et Sans Papiers

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