Affaire Roland Veuillet : Une première victoire à concrétiser

jeudi 10 février 2005
mis à jour mardi 19 avril 2005

Roland Veuillet n’a jamais accepté la sanction qu’il a subie en 2003 pour son action syndicale et sa participation à la grève des surveillants et aides-éducateurs. Avec le soutien de Sud éducation et d’un nombre grandissant d’organisations syndicales, d’associations, de personnalités, de militants et de collègues, il n’a jamais cessé de se battre pour que la vérité éclate et que justice lui soit rendue. Ce combat a pris la forme d’actions militantes -d’« arbitrairathons » de plusieurs milliers de kilomètres en grève de la faim durant 38 jours- mais aussi des voies de recours ouvertes aux victimes d’abus de pouvoir.

C’est pourquoi, le 25 janvier 2005, il a comparu devant la commission de recours du Conseil Supérieur de la Fonction Publique de l’Etat. Roland et son défenseur -militant de Sud éducation Paris- ont argumenté contre un rapporteur vindicatif, qui reprenait à son compte les accusations mensongères du proviseur du lycée Dhuoda (Nîmes) et de l’ex-recteur de Montpellier. Ils ont démontré que Roland n’était coupable d’aucun manquement professionnel, mais au contraire victime de répression anti-syndicale caractérisée. A ce titre, l’objet de son recours n’était pas de réclamer une mesure de « clémence » ou un « arrangement » à l’amiable, mais bien la mise en place d’une enquête administrative ainsi que la levée de toute sanction.

La commission de recours du CSFP, présidée par un Conseiller d’Etat et composée paritairement de représentants des plus importants ministères (dont l’Education nationale) et de syndicalistes des fédérations représentatives des fonctionnaires, a majoritairement suivi cette argumentation en votant un avis positif : « que le ministre de l’Education nationale renonce à toute forme de sanction à l’égard de M. Veuillet ».

C’est une victoire indéniable pour Roland et, au-delà, pour tous les militants réprimés. Mais elle reste à concrétiser. En effet, le ministère de l’Education nationale est désormais face à ses responsabilités : soit appliquer la recommandation de la commission de recours du CSFP, soit choisir de l’ignorer comme il en a juridiquement la possibilité. Ce dernier cas montrerait sa volonté de maintenir l’arbitraire contre toute raison et serait inadmissible. Sud éducation exige donc l’abandon immédiat de la sanction qui frappe Roland, ainsi que l’ouverture d’une véritable enquête administrative, et appelle à renforcer la mobilisation de tous contre la répression.

Sud éducation Paris

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