21 heures en SEGPA et en EREA à la rentrée 2002 ?

 mai 2002
mis à jour vendredi 28 janvier 2005

Un accord a été trouvé le 7 mars concernant la diminution du temps de service des enseignants de SEGPA et EREA. A la lecture d’un texte tenant sur 1/3 de page, on apprend ces 2 informations : un temps de service ramené à 21 heures à la rentrée 2002 et une "intégration progressive ou un détachement dans le second degré". Il semble bien que cet accord soit surtout une tentative pour mettre un terme à 2 années de grogne pour l’obtention des 18 heures ! Il sera pourtant difficile de se satisfaire de ces 21 heures, d’autant qu’aucun calendrier n’a été fixé pour un éventuel (bien que promis) passage à 18 heures. Pour ceux qui étaient dans la lutte et l’ont fait vivre, le compte n’y est pas !

Difficile aussi de ne pas s’inquiéter de la contrepartie de l’accord : la fameuse "secondarisation". Lang n’étant pas le Père Noël (on le saurait), on ne peut pas vraiment imaginer que ce soit un second "cadeau", après ces 2 heures qu’il nous donne à ronger. Rappelons que cette "secondarisation" n’était pas une revendication avancée par les personnels. C’est bien le ministère qui nous l’impose. Pour nous, c’est plutôt un pas en avant vers la dissolution des SEGPA dans les collèges, la porte ouverte à un recrutement massif de personnels précaires. On devrait voir très bientôt beaucoup plus de contractuels et de vacataires sur les postes qui sont occupés aujourd’hui par des PE2 sortants. L’étape suivante, d’ici quelques années, sera probablement le remplacement progressif des derniers PE/instits par des profs de collège, précaires ou non, pour aboutir finalement à une simple structure de pré-formation professionnelle sans sa spécificité actuelle (par ailleurs bien mise à mal par la "vision globale de l’élève"), voire à une sorte de "pré-classe-relais". N’oublions pas que dans les 5 ans qui viennent, la moitié de la profession enseignante sera renouvelée pour cause de départs massifs à la retraite. C’est une occasion rêvée pour le gouvernement libéral qui ne manquera pas d’être mis en place au printemps. A titre d’exemple, cette année, 74 classes de perfectionnement (CLIS) sur 110 disparaissent sur le 93, pour des raisons évidentes d’économie.
Bien sûr, on en est pas encore là en SEGPA/EREA.

Pour l’instant les questions qui se posent sont plutôt d’ordre technique :
- La "secondarisation" sous quel statut ? Le ministre ne le précise pas. Nous avons déjà dit, et il nous en apporte aujourd’hui la preuve, qu’il n’est pas nécessaire d’un changement de statut pour changer d’horaires de service. Nous étions à 23 heures, nous passons, sans rien changer au statut, à 21 heures. Alors pourquoi pas à 18 heures ?
- Comment l’administration pourra-t-elle mettre en place la diminution de 2 heures par prof qu’elle nous promet, vu qu’il n’y aura pas de création de postes avant la rentrée et que la carte scolaire est déjà prévue à 23 heures de service ?! Elle ne peut qu’avoir recours à des précaires pour boucher les trous, ou alors on nous demandera de faire... 2 heures supplémentaires ! Discutez-en avec les collègues PLP... A ce propos, sachez qu’il n’est pas possible actuellement d’obliger à faire des heures sup un enseignant du 1er degré (contrairement à ceux du 2nd degré), pour la bonne raison que ça n’est pas prévu par les textes. Les Inspections d’académie n’ont d’ailleurs pas de budget pour cela. Bonjour les cafouillages à la rentrée !
- Le plus fort, c’est la totale absence d’un quelconque calendrier. On nous explique que les processus d’intégration ou de détachement, préalables selon le ministre à l’obtention des 18 heures, "seront envisagés dès la rentrée 2003". Combien d’années vont ils "envisager" leurs processus avant de nous donner ce que nous leur demandons ? Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas l’heure que nous avons choisi pour nous réjouir. Nous ne savons pas où nous allons, ni combien de temps cela prendra. Ce texte creux n’apporte rien de neuf, hormis les 21 heures de service dont on ne sait pas dans quelles conditions elles seront mises en place. C’est trop peu pour une lutte de 2 années ! Le ministre avait le temps d’imaginer mieux. Qu’il ne l’ait pas fait en dit long sur son souci d’ouverture et sur sa vision du "rôle irremplaçable pour la scolarité des jeunes en difficulté" qui est le nôtre.

Les instructions que nous apporte ce mouvement sur le plan du fonctionnement syndical.

Contrairement à ce que dit Libération (8 mars), ce ne sont pas 3 dirigeants syndicaux saucissonnant chez le ministre qui ont permis cette avancée, mais les collègues qui ont pris leurs responsabilités en entrant dans la lutte. Dans le 93, certains étaient en grève depuis la rentrée, à raison d’une fois par semaine. Dans tout le pays, des mouvements plus ou moins spontanés ont contribué à établir un "bordel ambiant" perceptible au ministère si ce n’est localement par les collègues. A défaut de mouvement massif, il y a eu un conflit long, et c’est ce qui a fait bouger les choses. Pourtant, à quel moment les personnels ont-ils pu s’exprimer, produire leurs propres revendications, se saisir réellement de cette lutte ? Au moment de signer cet accord très en retrait par rapport à ce que nous demandions, combien de profs de SEGPA et d’EREA étaient présents autour de la table des négociations ? Quelqu’un a-t-il seulement pensé à négocier les jours de grève ? Nous refusons ces pratiques d’un autre âge où il faut prendre une carte syndicale pour avoir son mot à dire ! Nous militons pour un autre syndicalisme : celui qui consiste à mettre nos ressources au service des luttes ! A vous de vous en saisir !

SUD Créteil


Dernière minute : la réduction du temps de travail en SEGPA/EREA ne serait pas appliquée aux instits/PE sur postes d’éducateurs en internat !!

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