18 mai, 25 mai... mais encore ?

mardi 18 mai 2004
mis à jour jeudi 13 janvier 2005

Au printemps 2003, des milliers de salariés de l’Education Nationale, de toutes catégories, se sont engagés dans la plus longue grève qu’ait connu l’Ecole Publique. Là, les grévistes, partout en France dans les manifestations, les assemblées générales, les réunions d’information auprès des parents d’élèves, ont montré leur opposition à la contre-réforme libérale du système de retraite, mais aussi l’attachement des personnels à l’unité du service public et laïque d’Education Nationale.

Dans leur imense majorité, soutenus largement par la population, les personnels se sont exprimés contre le transfert des TOS aux régions et aux départements.

Partout, nous, militants de SUD Education, avec les militants des autres organisations syndicales et des non syndiqués, avons expliqué que le transfert des personnels TOS constituait la première étape d’un processus de démantèlement et de privatisation de nombreux services à l’intérieur du système éducatif.

En conformité avec l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), le gouvernement entend aujourd’hui mener son projet à terme, malgré l’opposition de la rue et des urnes.

Le 12 mars, de nouveau, des milliers de grévistes ont réaffirmé, au milieu d’autres revendications, leur opposition au transfert des 95 000 TOS de l’Education Nationale aux collectivités locales. Dans plusieurs départements, les militants de SUD Education se sont invités à ce nouveau rendez-vous « unitaire ».

Depuis, le gouvernement a subi un énorme revers électoral. Fin mars il était très affaibli. A ce moment, il était possible de le contraindre à céder face à l’action syndicale unitaire et indépendante. Avec d’autres, et avec les TOS surtout, SUD Education a tenté de relancer la mobilisation en région parisienne et dans quelques départements autour du premier avril.

Les directions des organisations syndicales majoritaires ont préféré attendre d’hypothétiques accords entre le premier ministre et les nouveaux présidents de régions. Aujourd’hui elles proposent aux personnels une action par procuration pour les seuls TOS le 18 mai à Paris et, une semaine plus tard, une grève de 24 heures à un moment où de nombreux personnels sont déjà engagés dans les tâches de fin d’année et de préparation des examens. Une vraie fausse action un jour, une grève de 24 heures une semaine plus tard. Fallait-il vraiment en rajouter à la floraison des journées d’actions secteur par secteur de cette fin de mois de mai ?

La fédération des syndicats SUD Education, qui une fois de plus n’a pas été associée aux discussions « unitaires » précédant ces initiatives, pense que ce montage n’est pas adapté à la situation.

Raffarin - Chirac, le Medef et consort n’ont en rien renoncé à leur politique de casse sociale et de remise en cause des services publics. Face à cette volonté de démantèlement réaffirmée par Sarkosy, l’unité dans l’action interprofessionnelle est la seule alternative au fait d’être battus les uns après les autres, secteur par secteur.

Le 27 mai, les agents EDF-GDF de toute la France manifesteront à Paris contre la privatisation de l’énergie. Déjà des initiatives sont prises pour faire de cette journée le marche-pied d’une véritable reprise de l’action interprofessionnelle.

Aux côtés de l’Union Syndicale Solidaires dont elle est membre, la fédération des syndicats SUD Education souhaite travailler à cette unité interprofessionnelle. En ce sens elle dépose un préavis de grève afin de favoriser l’investissement de ses équipes militantes dans cette dynamique de lutte. Une grande manifestaion interprofessionnelle le 27 mai à Paris en défense des services publics serait également une étape dans la construction du rapport de force énorme qu’il nous faut construire pour défendre et renforcer les services publics et préserver l’assurance maladie.

Parce que la régression sociale ne se négocie pas. Parce que ce gouvernement a montré dans le conflit des retraites sa détermination à infliger une défaite au mouvement syndical, nous n’aurons pas d’autre choix que la grève générale.

Saint-Denis, le 18 mai 2004